Cosmétique bio : le vrai du faux

Qui dit cosmétique bio, dit souvent idées reçues ! L'Association Slow Cosmétique vous aide à distinguer le vrai du faux pour découvrir le visage de ce marché en plein essor, et ce que la cosmétique bio apporte comme garanties.

La cosmétique bio, c'est pas 100 % bio ! Vrai ou faux ?

Souvent vrai, mais on s'en moque car là n'est pas le plus important pour la santé ou l'environnement ! Un produit certifié bio vous garantit que sa formule contient des ingrédients provenant de l'agriculture biologique (10 à 20 % minimum selon les labels) donc oui, un produit certifié bio peut ne pas être composé à 100 % d’ingrédients bio. Toutefois, le cahier des charges auquel le produit a dû répondre garantit surtout l'absence de pétrochimie (paraffine, silicones), d’ingrédients synthétiques ou de conservateurs polémiques comme les parabens ou le phenoxyethanol. La certification bio vous garantit donc qu’aucune substance nocive ou polémique pour vous ni l’environnement n’est présente dans le produit. C’est plutôt pas mal, non ?

À noter tout de même : il faut savoir que des cosmétiques non certifiés bio peuvent parfois se révéler plus "bio" dans les faits s’ils contiennent par exemple 80 % ou 100 % d’ingrédients bio, sans pour autant que la démarche de certification ait été faite. C’est souvent le cas parmi les marques lauréates de la Mention Slow Cosmétique, qui suivent les exigences des labels bio, et vont même parfois plus loin par conviction, sans pour autant demander une certification bio.

Tous les labels bio, c'est du marketing ! Vrai ou faux ?

Oui et non. Tout d'abord, il est bon de pouvoir reconnaître les "bons" labels bio, ceux qui sont reconnus et qui ont pignon sur rue. Ecocert, Cosmebio, Nature et Progrès, Cosmos Organic, BDIH, Soil, Demeter, Natrue, etc. Ils sont nombreux mais tous sérieux, contrairement à d'autres "autolabels" bio par exemple qu'une marque développe elle-même.

Derrière ces labels, il y a toujours un cahier de charges, avec des pourcentages d’ingrédients bio minimum variables. C'est là leur principal avantage et inconvénient. Avantage, car la formule est garantie exempte de tout ingrédient polémique, et contenant une part intéressante d'ingrédients bio. Inconvénient, car toute marque qui "colle" à ce cahier de charge au niveau de sa formule peut se faire certifier (même une marque lancée par L'Oréal ou Carrefour, du moment que les produits collent bien aux critères du cahier de charges). Certaines marques portant ces labels émanent donc de marques qui veulent juste "surfer" sur la vague du bio. En effet, ces labels ne "jugent" pas de l'engagement sociétal de la marque.

Quant à l'argument du coût excessif de ces labels, il est un peu injuste. En effet, il est normal qu'une certification soit payante. Derrière ces labels, il y a évidemment une activité commerciale qui consiste à vendre un service (et notamment une certification) et cela ne peut pas se faire sans frais.

Comme le public est de plus en plus alerté sur le potentiel danger de certains ingrédients, les labels bio attirent les marques qui cherchent à « verdir » leur image en déclinant des produits certifiés bio. De fait, les labels bio donnent un réel crédit à la cosmétique naturelle car ils sont des gages de rigueur et de naturalité, et leurs logos facilitent la vie du consommateur déjà sollicité de toutes parts dans sa consommation.

 

 

 

 

Se faire certifier est toutefois une démarche que tous les fabricants ne sont pas prêts à faire, par souci économique, ou en rejet des modèles certificateurs le plus souvent. Pour ne pas se faire avoir par le greenwashing et être sûr d’acheter des cosmétiques vraiment naturels et engagés, mieux vaut donc apprendre à décrypter les listes d’ingrédients (INCI) ou faire confiance à la Mention Slow Cosmétique si vous aimez les valeurs du Mouvement (formule propre mais aussi marketing engagé).

La cosmétique bio, ça sent pas bon ! Vrai ou faux ?

Plutôt faux ! Cet argument est vrai dans de rares cas, et si vous êtes habitué(e) aux parfums synthétiques de l’industrie conventionnelle, dont le sillage est addictif il est vrai. Ces parfums synthétiques sont cependant souvent polémiques pour la santé, voire allergisants. Pourquoi ne pas leur faire un « pied de nez » en reconnectant vos sens olfactifs à l’odeur brute du végétal ?

La Slow Cosmétique, tout comme la cosmétique bio, fait la part belle aux parfums extraits du monde végétal : les molécules aromatiques naturelles. L'odeur du végétal, et en particulier l'odeur des plantes aromatiques, c’est un plaisir qui se réapprend, notamment dans le monde des huiles essentielles. Bien sûr, l’odeur du gel d’aloe vera, qui tire vers l’oignon, ou celle de l'huile de calophylle, qui fait penser au curry, ne sera pas du « nez » de tout le monde, mais elle est largement compensée par ses multiples bienfaits.

La cosmétique bio, c'est plus doux ! Vrai ou faux ?

Pour l'environnement, il n’y a pas photo ! La cosmétique bio est plus douce pour l'écologie puisque presque aucun ingrédient polluant n’est autorisé par la plupart des labels bio.

Pour la peau, c'est plus compliqué. Par nature, une formule de cosmétique bio contient souvent plus d'ingrédients actifs. Ainsi, même la base habituellement constituée d'eau et de corps gras inertes, est constituée en bio d'hydrolats, d'aloe vera ou d'huiles végétales. Ces matières sont plus nobles pour la peau car plus actives, mais du coup elles sont parfois moins facilement tolérées par la peau.  Tout dépend bien entendu du produit considéré.

La cosmétique bio, c'est sans risque ! Vrai ou faux ?

Vrai et faux à la fois, car le risque zéro n'existe pas, en cosmétique comme partout 😉 Vrai, car les ingrédients polémiques pour la santé qui sont régulièrement critiqués dans les médias (aluminium, certains conservateurs...) sont interdits en cosmétique bio. Ainsi, un produit certifié bio n'impliquera presque jamais d'ingrédient polémique pour la santé. Toutefois, la présence fréquente d’huiles essentielles (comme actif ou comme élément parfumant) demande une certaine vigilance, notamment chez la femme enceinte et l’enfant en bas âge donc vérifiez bien avant usage que le produit est adapté à son utilisateur.

Sachez également qu’on peut être allergique à tout, donc aussi à une huile d’amande douce bio par exemple. La prudence recommande pour tout nouveau cosmétique, quel qu’il soit, de le tester une première fois sur le pli du coude ou une petite zone pour vérifier que vous n’y faites pas de réaction.

La cosmétique bio, c'est plus cher ! Vrai ou faux ?

Plutôt faux. Au départ, c’est un peu plus cher, mais se plonger dans la cosmétique bio ou la Slow Cosmétique, c’est aussi découvrir les produits bruts, souvent multi-usages : eaux florales (hydrolats), huiles végétales, gel d'aloe vera... On peut les utiliser tels quels ou les combiner à d’autres, ce qui donne un produit très noble à un coût raisonnable et qui peut servir pour toute la famille.

En cosmétique conventionnelle, le coût d’un produit reflète rarement la valeur réelle de ses ingrédients, souvent décevants (pétrochimie, matières synthétiques...). Face à cela, la cosmétique bio propose au moins des alternatives naturelles privilégiant une origine végétale et non polluante.

Côté prix, le positionnement de la cosmétique bio est large : elle est présente autant dans le bon marché et le moyen de gamme, mais aussi de plus en plus dans le haut de gamme. À vous sur ce point d’être vigilant pour que le prix dépensé reste corrélé à la composition du produit car même en bio, on commence à observer tous les excès marketing reprochés au conventionnel ! (Voyez notre vidéo sur le brainwashing pour ne pas vous laisser piéger, même en bio.)

La cosmétique bio, c'est forcément Slow Cosmétique ! Vrai ou faux ?

Faux. Une marque certifiée bio mais émanant d'un grand groupe détenu par un fonds d'investissement par exemple, et produisant une cosmétique bio uniquement pour attirer les amateurs de bio, ne sera pas félicitée par la Mention Slow Cosmétique.

A contrario, une marque non certifiée bio mais en phase avec les quatre piliers Slow Cosmétique (formule écologique et saine, gamme et conception intelligente, marketing raisonnable) le sera. En effet, la Slow Cosmétique questionne aussi les aspects sociaux dans l’entreprise, le marketing et ses promesses, le rapport qualité/prix des produits et les circuits/la segmentation choisis.

Par ailleurs, la Slow Cosmétique va parfois plus loin que le bio en pénalisant par exemple les huiles estérifiées et hydrogénées, tolérées en bio mais n’apportant rien d’intéressant à la peau donc sanctionnées lors de l'évaluation Slow Cosmétique.

À propos de l’auteur

L'équipe de la Slow Cosmétique
Les membres de l'Association Slow Cosmétique se liguent pour faire la révolution dans votre salle de bain !

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