Plastique, verre ou aluminium : quel contenant idéal en cosmétique bio ?

contenant cosmétique bio

Plastiques, aluminium ou verre : quel contenant cosmétique est le plus écolo ? L'Association Slow Cosmétique passe en revue les points forts et faibles de chacun.

Les flacons, pots et tubes de nos salles de bains doivent être pratiques d'utilisation, protéger efficacement le produit à l'intérieur, et même nous séduire. Eh oui, le contenant est déterminant à l'achat mais aussi au quotidien avec une forme, des couleurs et des détails attrayants ! En bref, un contenant cosmétique est un monde à lui tout seul. Or en Slow Cosmétique, on cherche à réduire son impact écologique tout en gardant une dimension plaisir à sa routine beauté, alors comment concilier les deux ? Peut-on identifier un contenant cosmétique bio et en bannir d'autres ? Voyons les choix qui s'offrent à nous dans le détail.

contenant cosmétique bioEn verre et contre tous ?

Le verre est-il le meilleur  contenant cosmétique bio ? Il a certes souvent la cote en magasins bio, mais voyons si ce matériau tient ses promesses.

Les avantages du verre

Au rayon des bonnes nouvelles, le verre est généralement considéré comme le plus « naturel » du lot à la fois par sa fabrication (peu polluante) et sa composition. En effet, la fabrication d'une tonne de verre exige environ 700 kilos de sable, 200 kilos de calcaire et 300 kilos de matières premières diverses. Or, toutes ces matières sont présentes en quantité abondante dans la nature.

En outre, il confère une touche élégante, voire luxueuse au produit. Ainsi, les pots en verre à parois épaisses sont souvent utilisés pour les crèmes, les baumes, mais aussi les fards à paupières, les brillants à lèvres et les gels. Les flacons et les bouteilles en verre sont la norme pour les huiles essentielles et les huiles végétales. Dans les deux cas, on préfère le verre teinté (ambré ou bleuté) pour que le contenu soit protégé de la lumière et ne subisse aucune détérioration. Étant faciles à nettoyer, même à forte température, les contenants en verre se réutilisent aisément.

Le verre est également facilement recyclable. Jeter un pot ou un flacon en verre dans la poubelle de tri est devenu une habitude bien ancrée chez la plupart des consommateurs. Et de fait, il s'agit du matériau le mieux recyclé, notamment en France, avec trois emballages en verre sur quatre recyclés. Et pour ne rien gâcher, le verre se recycle à l'infini !

Les inconvénients du verre

Du côté des inconvénients, le verre est évidemment un matériau lourd et fragile donc son écobilan (transport et logistique) est plus important qu'avec le plastique ou le métal. Il est en outre assez énergivore puisque la fusion nécessaire à sa fabrication implique d'atteindre environ 1500°C, à raison de plus de 1160 kWh /tonne de verre produite.

contenant cosmétiqueLe plastique, c'est automatique ?

Le plastique est aujourd'hui le principal matériau pour le conditionnement des cosmétiques. Mais il a terminé son âge d'or et les consommateurs exigent à présent encore plus d'engagement...

Les avantages du plastique

C'est évidemment son faible coût qui en fait le leader du marché. Il est également léger, flexible, incassable et hygiénique. D'un point de vue esthétique, les matières plastiques sont par ailleurs extrêmement modulables et peuvent donc adopter des formes et des couleurs très variées.

Depuis la fin des années 2010, l'industrie plastique se renouvelle aussi pour proposer de plus en plus de contenants en plastiques recyclés, un bon point qui montre l'évolution du secteur. Mais cela peut-il suffire ?

Les inconvénients du plastique

Outre la problématique environnementale du pétrole dont est issu ce matériau, un inconvénient du plastique est sa stabilité physique. Il est vulnérable à l'absorption, à la fissuration sous contrainte et au craquelage. Sa faible résistance à l'encre et à d'autres substances chimiques limite aussi son utilisation pour certains types d'emballages.

Certains plastiques utilisés dans l'industrie alimentaire ont ainsi été récemment soupçonnés de libérer des substances toxiques (bisphénols,  phtalates...) dans certaines conditions d'utilisation (cuisson au micro-ondes par exemple). Ces phénomènes d'interactions entre le contenant et le contenu peuvent potentiellement avoir un impact sur la qualité, l'efficacité et l'innocuité d'un produit cosmétique. Ils ne sont toutefois pas encore suffisamment étudiés dans le secteur cosmétique.

Par ailleurs, le plastique ne se recycle pas à l'infini. Il finit forcément soit rejeté dans la nature sous une forme quelconque, soit brûlé en centres de tri. Et là se pose une problématique énergivore et de potentiels rejets toxiques dans l'environnement.

Il est aussi important de comprendre que tous les plastiques ne se valent pas. À ce titre, la Slow Cosmétique n'accepte que deux types de plastiques :

  • le PET (polytéréphtalate d'éthylène – chiffre 1)
  • le PP (polypropylène – chiffre 5) ; ce dernier étant à privilégier en raison d'un taux de recyclage supérieur.

Soulignons également l'apparition récente de bio-plastiques PET, à base de canne à sucre. Leur utilisation reste encore rare, mais ils devraient intéresser de nombreux industriels à l'avenir...

VERRE OU PLASTIQUE : LEQUEL POLLUE LE PLUS ?

Si l'on prend en compte uniquement les chiffres d'intensité matérielle de base (rapport entre la consommation intérieure de matières premières et le produit intérieur brut), un pot en PET (un polymère thermoplastique) utilise 2 fois plus de matière abiotique (minéraux et combustibles fossiles) et 17 fois plus d'eau (nécessaire dans son processus de fabrication) qu'un pot similaire en verre. Pour obtenir 1 kilo de plastique PET, 2 kilos de pétrole sont nécessaires. Ainsi, la quantité d'émissions de gaz à effet de serre est 5 fois supérieure dans le cas du pot en plastique. À ce jeu-là, le verre remporte la victoire haut la main.

Mais attention : ce résultat n'est valable que dans un système local, où la pollution causée par l'acheminement du produit est négligeable. Sur de grandes distances, les chiffres d'intensité matérielle sont multipliés en fonction des kilomètres parcourus pour acheminer le verre. Dans ce cas, le verre est perdant, car il nécessite 5 fois plus de moyens de transport à cause de son poids. Un pot PET expédié à 1000 km économise 19g de CO2 (équivalent de dioxyde de carbone) par rapport à un pot en verre.

Par ailleurs, le recyclage des plastiques progresse. Le PET est souvent recyclé, du moins en partie, et peut être incinéré dans l'optique de produire du combustible. Le plastique PP (Polypropylène) est encore plus écologique : il est tout aussi léger et totalement recyclable, puisqu'il peut être trié avec les plastiques recyclables.

Quelques chiffres :

contenant cosmétique bioL'aluminium, contenant cosmétique idéal ?

Les contenants cosmétiques métalliques sont le plus souvent en aluminium, comme en attestent nos laques, déodorants, mousse à raser ou dentifrices.

Les avantages de l'aluminium

Matériau barrière, l'aluminium offre une excellente protection contre les germes, les UV, l'humidité et les variations de température. En dissipant la chaleur, les flacons en aluminium sont ainsi particulièrement indiqués pour les contenus fragiles. Exemple type : les hydrolats, dont les fragrances comme les vertus peuvent alors être préservées.

Autre avantage, les emballages en métal sont incassables et recyclables à l'infini. Pour les entreprises souhaitant se montrer respectueuse de l'environnement, l'aluminium est donc un excellent choix. Il permet une économie en ressources naturelles, même si l'aluminium est le métal le plus abondant sur Terre. Constat particulièrement positif, environ la moitié de l'aluminium utilisé en France par les industries est de l'aluminium recyclé.

Bien plus léger et malléable que le verre, l'aluminium peut être modelé dans une grande variété de formes et de tailles. Il offre aux fabricants de nombreuses possibilités de design exclusives et son éclat argenté lui confère une certaine élégance.

Les inconvénients de l'aluminium

La production d'aluminium engendre de la pollution atmosphérique et des déchets toxiques lors des phases d'extraction et de transformation de ce métal (boues rouges par exemple). Et d'un point de vue pratique, l'aluminium se cabosse au moindre choc.

Enfin, l'aluminium a récemment été décrié lorsqu’il était introduit dans les formules cosmétiques elles-mêmes. Il est soupçonné d’être neurotoxique et présent dans certains déodorants et dentifrices. Mais les contenants cosmétiques en aluminium ne sont pas concernés puisqu'un vernis intérieur alimentaire sépare toujours le contenant du contenu, évitant ainsi tout risque de migration.

contenant cosmétique

BILAN de notre comparatif : quel contenant cosmétique est vraiment Slow ?

Comme toujours, il n’y a pas UNE bonne réponse ni un seul choix évident. La preuve, les artisans du réseau Slow Cosmétique utilisent les 3 matériaux que nous venons de passer en revue et ils sont tous trois acceptés par la Charte Slow Cosmétique.

De fait, ironiquement, le plastique est parfois la seule option qui permet un approvisionnement local et écologique selon la localisation de l’artisan. Pour d’autres, le verre est plus cohérent avec leur circuit de production. Ou alors c’est l’aluminium, mais tous sont confrontés à ce dilemme :

  • faire venir (souvent d’Asie) un verre pas trop cher moyennant des kilomètres et de la pollution ?
  • ou utiliser de plus près du plastique ou de l’aluminium plus polluants à la fabrication ?

Le coût finit souvent par entraîner la décision car les consommateurs ne sont pas prêts à payer plus cher leur produit pour un emballage plutôt qu’un autre. Sachant qu’en Slow Cosmétique, les prix sont déjà considérés comme supérieurs au conventionnel (même si tout adepte du mouvement sait qu’il réalise en réalité une économie à long terme).

Reste que le meilleur déchet, c'est celui que l'on ne produit pas ! Le seul moyen de contourner le dilemme du choix du meilleur contenant cosmétique bio, c’est donc de privilégier des alternatives « zéro déchet ». La Slow Cosmétique encourage évidemment cet état d’esprit, avec par exemple des cosmétiques solides (savons à froid, shampoings solides, déodorants solides, baumes corporels…) et des accessoires lavables. Mais même eux doivent nous parvenir dans un état "neuf" et propre, donc la thématique de l’emballage subsiste. À vous donc de faire le choix qui correspond à vos propres valeurs et possibilités 😉

Voir ici une sélection de produits zéro déchet par les artisans labellisés Slow Cosmétique.

À lire aussi : Cosmétiques finis ou périmés, que faire des emballages et des contenus ?

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