Filtres solaires : quelles options au naturel ?

Pour protéger sa peau du soleil, il existe des alternatives aux filtres synthétiques. Quels avantages ?Explications.

Avec l’apparition des premiers rayons de soleil, vous vous demandez comment bien préparer et protéger votre peau pour l’été ? Vous vous sentez perdu(e) devant toutes les protections solaires existantes ? D’origine naturelle ? Bio ? Slow Cosmétique ? Y a-t-il des filtres solaires "sûrs" ? La Slow Cosmétique fait le point.

Filtres solaires synthétiques en cosmétique conventionnelle : quel est le problème ?

Jugés trop polluants pour l’environnement et dangereux pour la santé, les filtres anti-UV synthétiques (dits aussi "chimiques" ou "organiques") sont très controversés. Il s'agit par exemple des Benzophenones, de l’Octocrylène, ou de l'Avobenzone (alias Butyl Methoxydibenzoylmethane dans les listes INCI).

En effet, ils seraient allergisants, contiendraient des perturbateurs endocriniens, mais seraient surtout polluants pour l’écosystème marin*. Une étude de l'université italienne d'Ancône a ainsi prouvé que 10 microlitres de crème solaire dans un litre d’eau de mer entraînent déjà une décoloration totale du corail en l’espace de 4 jours. Les plus polémiques sont les filtres chimiques Ethylhexyl Methoxycinnamate, Benzophenone-3 et -4 et Methylbenzylidene Camphor.

Quelles alternatives aux filtres anti-UV synthétiques ?

Parmi les alternatives naturelles, ce sont les filtres UV d’origines minérales qui prédominent, notamment le Dioxyde de titane (TiO2) et l’Oxyde de zinc (ZnO). Ces filtres minéraux réfléchissent en effet les rayons UV, contrairement aux filtres organiques qui les absorbent.

D'un point de vue sanitaire et environnemental, ils sont tous deux plus rassurants en l'état actuel des connaissances scientifiques. À condition toutefois de ne pas être utilisés en taille nanométrique.

En cosmétique bio et a fortiori en Slow Cosmétique, les filtres UV synthétiques sont interdits et seuls les filtres minéraux sans nanoparticules sont autorisés. Cela signifie que leur taille ne doit être inférieure à 100 nanomètres. À si petite échelle en effet, leur impact est encore mal connu et donc potentiellement dangereux. Si vous lisez [nano] dans une liste INCI, mieux vaut écarter ce produit.

Pourquoi certains soins solaires contiennent-ils des nanoparticules ?

Les soins solaires recommandés en Slow Cosmétique (contenant des filtres minéraux sans nanoparticules) nécessitent un massage assez long et laissent parfois la peau légèrement blanche après application, ce qui décourage nombre d'utilisateurs.

C’est pour éviter cela que la plupart des soins solaires qui se revendiquent "naturels" mais sans certification bio ou label Slow Cosmétique finissent par utiliser des nanoparticules. Cette réduction de taille permet une meilleure absorption et donc la transparence des produits de protection solaire, plus esthétique.

Quels risques pour la santé avec les nanoparticules de dioxyde de titane ou d'oxyde de zinc ?

Les nanomatériaux, porteurs de possibilités infinies, sont de plus en plus utilisés à la fois en cosmétique, en alimentaire et en médecine. On en trouve donc un peu partout dans nos quotidiens.

Certaines études montrent toutefois qu’une pénétration percutanée dans l’organisme est possible chez l’Homme, surtout si la peau est lésée ou atopique car la barrière cutanée protégeant l’organisme de l’environnement se trouve fragilisée**. Cependant l'ANSM en France estime que les méthodes sur lesquelles reposent ces études n’ont pas été validées, ce qui ne rend pas les résultats suffisamment significatifs par les autorités pour juger de ce risque. Au niveau Européen, la position est la même : on attend de voir pour statuer.

De plus, il est difficile pour les autorités de contrôler la présence de nanoparticules car il n’existe à ce jour aucune méthode officielle pour caractériser et détecter ces nanomatériaux présents dans les produits cosmétiques.

L'impact des nanoparticules sur l'environnement

Si l'effet sur l’Homme reste incertain, l'impact environnemental (sur la faune et la flore) des nanoparticules est de plus en plus critiqué. Présentes dans nombre de crèmes solaires, ces particules se retrouvent sur le sable et à la surface de l’eau suite à nos baignades. Une étude réalisée sur les Iles Baléares a établi en 2014 un lien entre la destruction du plancton et les particules de dioxyde de titane et de dioxyde de zinc***. Mais depuis, plusieurs études (Hund-Rinke & Simon 2006, Heinlaan et al. 2008, Wiench et al. 2009, Zhu et al. 2008, Bang et al. 2011) ont démontré que les nanoparticules sont faiblement toxiques pour les espèces aquatiques. Là encore, rien de certain mais l’impact environnemental des filtres minéraux semble largement minoritaire par rapport aux nombreuses études faites sur les filtres synthétiques qui seraient eux responsables du blanchiment des coraux.

Quelles alternatives fiables pour des soins solaires propres ?

Compte tenu des incertitudes scientifiques à ce jour, la Slow Cosmétique recommande de privilégier les solaires formulés à base de filtres minéraux et d'éviter les nanoparticules. Tous les soins solaires labellisés Slow Cosmétique correspondent à ces critères.

Si bien des progrès ont été faits ces dernières années par les marques les plus engagées du segment cosmétique, comme Amapola en Espagne ou Ibbeo en France, le photo-protecteur idéal n’existe pas. Les soins solaires bio ou labellisés Slow Cosmétique sont encore perfectibles d'un point de vue esthétique ou confort d'utilisation (il faut souvent masser longuement pour bien faire pénétrer), mais restent la meilleure option pour une protection efficace de votre peau et de l'environnement 😉

* J.C.Beani, Université de Grenoble, octobre 2011, et Elaina Zachos, National Geographic.

** F. Filon, Université de Trieste, juillet 2015 et N. Sadrieh, FDA des États-Unis, mai 2010.

*** D. Sánchez-Quiles, Université des Iles Baléares, août 2014.

À propos de l’auteur

L'équipe de la Slow Cosmétique
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