La Norme ISO 16128 : un problème ?

Depuis peu, on alerte le public sur l’arrivée de la norme ISO 16 128. On parle d’un danger pour la cosmétique naturelle, de cosmétique bio au rabais… Qu’en est-il vraiment ? Découvrez l’analyse de l’Association Slow Cosmétique.

La Norme ISO, c’est quoi ?

Une norme ISO, c’est un standard international utilisé en général par l’industrie pour définir un process, une qualité. Ce n’est ni une loi, ni un label de qualité, et même pas un cahier des charges.
Cela sert surtout à codifier, définir, harmoniser des pratiques, des structures ou des organisations à l’international. C’est toujours le résultat d’un rassemblement de pros, d’industries et d’experts qui “coulent” dans un texte la norme en question. La norme peut ensuite être librement suivie par des entreprises qui le souhaitent pour asseoir leur expertise, leur qualité. En général, une entreprise qui  adopte une norme ISO le revendique pour faire sa publicité.

logo ISO 16128

L’ISO qui publie ces normes, c’est l’Organisation internationale de normalisation. Elle se situe à Genève. C’est une organisation non gouvernementale, indépendante, dont les membres sont les organismes nationaux de normalisation. Ils s’associent à des “experts” (tantôt indépendants, tantôt membres de l’industrie) pour élaborer des normes “pertinentes” pour les marchés.

La Norme ISO 16128 en un clin d’oeil

Cette norme ISO 16128 concerne les cosmétiques naturels et bio. Elle est le fruit de plusieurs années de développement au sein de l’ISO. Elle est titrée “Lignes directrices relatives aux définitions techniques et aux critères applicables aux ingrédients et produits cosmétiques naturels et biologiques”. Ce dernier est disponible à l’achat sur le site de l'ISO.
Elle se compose de deux parties, dont la deuxième vient d’entrer en application en ce mois de janvier 2018. La partie 1 (ISO 16128-1:2016) concerne les “Définitions des ingrédients”. La partie 2 (ISO 16128-2:2017) concerne les “Critères relatifs aux ingrédients et aux produits”.

C’est cette partie justement qui a mis le feu aux poudres. Dès septembre 2017, le label Cosmebio a réuni la presse. Le label a dénoncé le texte avec lequel l’association de professionnels de la cosmétique bio n’est pas d’accord. Ecocert, en tant que certificateur bio, s’est aussi exprimé en alertant sur les faiblesses du texte. Ce dernier décrit par exemple comme “naturel” un ingrédient tantôt issu de végétaux avec OGM, tantôt composé en ayant fait entrer dans le process des silicones, etc.

norme ISO cosmebio presse Tout le monde en parle de la norme ISO

Presque toute la presse en a parlé ensuite, évoquant un danger pour les consommateurs. Ils peuvent se retrouver face à des cosmétiques “bio” ou “naturels” qui ne le sont pas vraiment.

Quels dangers avec la Norme ISO 16 128 ?

Pour l’Organisation Slow Cosmétique, la norme ISO 16128 ne constitue pas un danger majeur. Elle est certes décevante et problématique, mais elle n’augmente que faiblement le risque pour le consommateur. Il est déjà très élevé sans elle à cause du greenwashing. Ce dernier règne depuis plus de 20 ans au rayon cosmétique.

Autant vous rassurer d’emblée : cette norme ne va pas permettre à L’Oréal, Unilever ou Beiersdorf de présenter en rayons un produit étiqueté “cosmétique bio” qui est truffé d’OGM, de pétrochimie et de silicones.

En effet, les allégations “cosmétique bio” ou “cosmétique naturel” appliquée à un produit restent du ressort de la loi. Elle s'applique dans les pays par des autorités de régulation de la publicité ou de la consommation. En France par exemple, c’est l’ARPP qui assure ce travail, et dans une certaine mesure la DGCCRF.
Que disent-ils ? Voici un extrait assez clair sur ce qui définit un cosmétique bio ou naturel en France, issu du Code de l’ARPP 2017 :

ARPP controle cosmétiques
La norme ISO 16128 l’écrit elle-même noir sur blanc aussi ! Elle ne permet pas de qualifier un produit de "biologique" ou "naturel" tel quel :

“Ni l'ISO 16128-1 ni 16128-2 ne traitent de la communication sur les produits (par exemple, les revendications et l'étiquetage), de la sécurité pour l'homme, de la sécurité environnementale, des aspects socioéconomiques (par exemple, le commerce équitable), des caractéristiques des matériaux d'emballage, ni des exigences réglementaires applicables aux produits cosmétiques.”

(extrait de : https://www.iso.org/obp/ui/#iso:std:iso:16128:-2:ed-1:v1:fr )

greenwashing cosmetique france Déjà des milliers de produits faussement présentés comme naturels ou en partie bio

Mais alors, pourquoi cette norme est-elle critiquée ?

Le risque d’allégation frontale est très faible, mais il y a quand même des risques d’allégations secondaires portant à confusion :

  • dans la norme ISO, un ingrédient est considéré comme « dérivé naturel » dès qu’il contient plus de 50% de matières premières naturelles. Il a beau faire entrer dans sa composition du non naturel, voire du synthétique pur jus, c’est pareil. Du coup, ce type d’ingrédients peut entrer dans le pourcentage de naturalité affiché sur un produit. Et ceci au même titre qu’un ingrédient 100% naturel (une huile végétale vierge et bio par exemple).
  • dans la norme ISO, les substances pétrochimiques et plastiques, même les plus controversées, ne sont pas interdites. Dommage pour une norme sur la cosmétique naturelle…
  • Une marque qui souhaite se revendiquer “norme ISO 16128” pourra indiquer sur son emballage “contient XX% d’ingrédients biologiques” ou “XX% d’ingrédients naturels”. Alors que le reste de la formule sera tout à fait conventionnel (avec par exemple des silicones, benzophenones, du phenoxyethanol, de l’EDTA, BHT, etc. Ils sont normalement absents en bio et bien entendu chez les lauréats Slow Cosmétique). La notoriété de l’ISO est une belle caution ! Pour un consommateur non averti, cela accentuera encore le greenwashing ambiant. Celui-ci consiste à faire passer pour “naturel” ou “écolo” ce qui ne l’est pas.
  • Les assos de professionnels comme Cosmebio, ou le certificateur Ecocert, dénoncent avec raison l'aspect insatisfaisant de cette norme. Elle n'incite pas assez leurs homologues industriels à faire mieux en cosmétique naturelle. Du côté des consommateurs cependant, cette norme ne changera pas énormément la donne pour le greenwashing. Ce dernier est déjà tellement présent dans le secteur cosmétique. Avec ou sans cette norme, les labels bio et la Mention Slow Cosmétique seront donc toujours les seuls à garantir une formule plus propre.
Mention Slow Cosmétique La Mention Slow Cosmétique

Comment consommer des cosmétiques vraiment naturels ?

Cela n’a jamais été facile, et l’ISO rend cela encore plus compliqué ! Voici le message essentiel de l’Association Slow Cosmétique…

Depuis 2012, la Slow Cosmétique dénonce avec force deux éléments très présents sur le marché des produits de beauté :

  • Le greenwashing : Une quantité impressionnante de cosmétiques se présentent en rayon comme “verts”, “naturels” ou “écologiques”, alors qu’ils contiennent des plastiques polluants. Nous pouvons citer des conservateurs polémiques pour la santé ou l’environnement, et toute une kyrielle d’ingrédients non naturels et encore moins bio.
  • Le brainwashing : La cosmétique conventionnelle, c’est un lavage de cerveau. On vous présente un produit comme “extraordinaire”, “à la pointe de la technologie”, “innovant”, alors qu’en réalité la formule contient surtout de l’eau, de l’alcool, de la pétrochimie et des ingrédients pas nobles du tout. Sans parler des techniques de vente qui vous font consommer toujours plus.

Une norme très peu visible

La norme ISO 16 128 ne change pas vraiment les choses. Elle ne fait que permettre encore plus de greenwashing, voire d’inciter des marques à en faire, parfois malgré elles.

La loi ne fait pas mieux, sinon vous pensez bien que les shampoings soi-disant “ultra doux” ou “de Provence” qui affichent savamment les mots “nature”, “lavande biologique” ou “expertise botanique” auraient été interdits depuis longtemps !

Slow cosmetique naturel Heureusement, la Slow Cosmetique aide le consommateur en félicitant des marques alternatives

La solution réside donc plus que jamais dans le décryptage de l’emballage, de la communication et de la formule de chaque produit.

Heureusement, beaucoup d’acteurs bienveillants font en partie ce travail pour vous. C’est le cas des labels bio privés reconnus qui vous garantissent une cosmétique SANS ingrédients polémiques pour la santé et l’environnement. En en plus contenant une partie d’ingrédients issus de l’agriculture bio.

L'Association Slow Cosmétique, lors de son évaluation d’une marque, considère comme positif le fait que des marques portent le label Nature et Progrès, Ecocert, Cosmebio, Bdih, Soil, Vidasana, Icea, Ecogarantie, le label commun COSMOS ou Natrue.

Pour une consommation vraiment propre, transparente et engagée, la Mention Slow Cosmétique est un excellent repère. C’est un peu le Guide Michelin de la cosmétique naturelle. Il s’agit d’une récompense indépendante de la sphère professionnelle. Elle félicite non seulement la formule propre et naturelle, mais aussi un marketing engagé. L’entreprise félicitée doit disposer  d'un actionnariat plutôt familial. Sa communication est cohérente et raisonnable, et ses allégations de vraie naturalité ne sont pas trompeuses.

Plus de 150 marques cosmétiques ont reçu la Mention Slow Cosmétique à ce jour. C’est un véritable guide de bonne consommation que vous trouvez listé sur le site officiel. Et pour un shopping malin et engagé, les artisans du réseau Slow Cosmétique vous proposent leurs produits en direct sur la boutique collaborative ! Visitez www.slow-cosmetique.com !

Si vous aimez consommer moins mais mieux, et en pleine conscience comme le veut la Slow Cosmétique, c’est le bon choix ;-)

À propos de l’auteur

L'équipe de la Slow Cosmétique
Les membres de l'Association Slow Cosmétique se liguent pour faire la révolution dans votre salle de bain !

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