La Slow Cosmétique au Sénat de Belgique !

En juin 2017 se tenait une audition d'experts au Sénat belge à Bruxelles. Julien Kaibeck y a représenté l'Association Slow Cosmétique AISBL afin de sensibiliser les sénateurs à la problématique des plastiques dans les cosmétiques.

Une résolution pleine d'espoir et sans microbilles

En février 2017, les sénateurs Anciaux, Destexhe et consorts ont déposé une proposition de résolution visant à préserver l’environnement et la mer du Nord contre la pollution par les déchets marins et à limiter la présence de microbilles de polyéthylène dans les produits cosmétiques. Après les USA et la France, il était temps que la Belgique s'intéresse enfin à la présence de microplastiques dans les cosmétiques. Ces substances suscitent le débat depuis plusieurs années car on sait aujourd'hui que les microbilles polluent la mer et perturbent gravement la biodiversité. Relisez sur ce point notre article sur les microbilles dans les cosmétiques. On parle de 8 000 milliards de microbilles déversées dans les habitats aquatiques chaque jour, avec un impact environnemental chiffré à environ 13 milliards de dollars par an. Et on ne parle là que des microbilles, pas des autres microplastiques qui peuplent les mers et tuent la faune aquatique !

Un texte important pour une résolution aux vertus écologiques !

Face à ces constats, plusieurs États aux USA ont déjà pris l’initiative d'interdire les microbilles : l’Illinois, la Californie ou l’État de New York. La France a emboîté le pas dès 2016 avec la loi Biodiversité qui comprend une interdiction des microbilles de polyéthylène dans les produits rincés dès le 1er janvier 2018, et la fin des bâtonnets d'oreille en plastique pour le 1er janvier 2020 (voir art.124 notamment).

Le Sénat belge a donc invité plusieurs instances en juin 2017, afin de les auditionner pour ensuite poser des questions au gouvernement en vue de l'inciter à agir. L'Association Slow Cosmétique était invitée tout comme d'autres ONG environnementales comme la Surfrider Foundation, Greenpeace Belgium ou Recycling netwerk benelux. L'Association belge DETIC, qui rassemble les producteurs et distributeurs de cosmétiques était également présente, tout comme Essenscia qui représente en Belgique le secteur de la chimie. Chacun était invité à s'exprimer sur la proposition de résolution.

Des positions différentes en matière d'environnement

Au cours de l'audition, il est apparu deux types de positions. D'une part, les associations environnementales se sont félicitées de l'existence de la proposition, tout en mettant cependant l'accent sur la nécessité d'un encadrement légal des plastiques susceptibles de polluer la mer, avec un texte potentiellement coercitif. D'autre part, les organismes représentant le secteur de la chimie et celui des cosmétiques ont souligné les améliorations déjà nettes en matière d'encadrement des plastiques dans la production et le cycle de vie des produits.

Sénat belgique commission

Julien Kaibeck à la commission du Sénat Belge - affaires transversales

DETIC a présenté conjointement avec le cabinet de la Ministre Marghem en charge de l'Environnement les contours d'un accord sectoriel en cours de finalisation. Cet accord favoriserait la "substitution" des microbilles par d'autres composants, avec une fin totale de leur utilisation au 31/12/2019, tout en mettant à la disposition des PME du secteur un "outil" pratique pour une transition vers plus d'écologie, le tout sous un contrôle engagé.

Les sénateurs ont pu noter la différence : d'un côté, une voix pour une interdiction par voie légale, et de l'autre, pas d'interdiction mais une proposition de transition gérée par le secteur en collaboration avec l'état.

Lors des questions, la sénatrice Annemie Maes s'est montrée particulièrement enthousiaste pour améliorer la résolution vers plus d'impact direct sur les plastiques, et le sénateur François Desquesnes a posé des questions sur la transparence garantie par le secteur en cas d'accord sectoriel. Tous les membres de la commission présents, dont le Président Steven Vanackere, ont pu constater que le sujet était complexe, notamment parce qu'il porte sur des problèmes d'envergure internationale et que la définition même des microplastiques qui polluent ne fait pas encore l'unanimité.

La position de l'Association Slow Cosmétique

Julien Kaibeck a pu synthétiser la position de la Slow Cosmétique lors de son intervention. Il est vrai que la Slow Cosmétique dénonce depuis 2012 la présence inutile de plastiques en tout genre dans les produits de beauté.

Julien a attendu les réponses de la Ministre Marghem avec les Sénateurs

La Slow Cosmétique nous rappelle que les microbilles de plastique ont déjà été interdites ailleurs dans le monde, et que c'est là une évolution positive pour des cosmétiques moins polluants. Cependant, beaucoup d'efforts restent à faire en ce qui concerne les autres ingrédients cosmétiques susceptibles de devenir des microplastiques polluants lorsqu'ils sont utilisés dans des produits à rincer. C'est le cas par exemple des silicones et plastiques de type "Acrylates polymer" qu'on retrouve dans des gels lavants ou des shampoings. Qui s'en soucie ? Les travaux de H.A. Leslie, PhD de l'université d'Amsterdam laissent à penser qu'ils sont une source de pollution. En vérité, personne ou presque ne s'y intéresse, alors qu'ils sont selon le mouvement Slow Cosmétique à bannir tout autant que les microbilles.

La Slow Cosmétique espère bien entendu une interdiction progressive des plastiques dans les produits cosmétiques à rincer. Elle fait cependant directement appel aux consommateurs et les invite à éviter dès maintenant tout produit cosmétique qui contienne des plastiques, quels qu'ils soient. Comment faire ? En vérifiant la composition de chaque produit avant l'achat, afin d'identifier les polymers, le polyethylene et autres plastiques possiblement présents. Pour rappel, les marques lauréates de la Mention Slow Cosmétique sont garanties sans matières plastiques. La Slow Cosmétique nous invite à adopter des soins exfoliants écologiques et sains à base de poudres végétales ou d'argiles, et pour les produits à rincer elle nous prouve que des gels nettoyants et des shampoings sans plastique sont possibles.

Et maintenant : la fin des microbilles ou pas ?

La Ministre Marghem devant la Commission des Affaires Transversales du Sénat

Rien ne va hélas changer dans l'immédiat. Le Sénat poursuit son travail, mais la résolution a peu de chance d'aboutir sur une interdiction des plastiques en cosmétique. La Ministre Marghem en charge de l'Environnement et son cabinet s'est également présentée devant la commission du Sénat. Elle a confirmé sa volonté d'agir au niveau belge, même si la question est de dimension internationale. Son action se centre pour l'instant sur l'accord sectoriel par DETIC et son cabinet, plutôt que sur une base légale.  La ministre s'est dit convaincue que les secteurs économiques concernés sont conscients d’un besoin en matière de protection des écosystèmes, et elle fait d'autant plus confiance à l'accord sectoriel puisque celui-ci est doté de 4 engagements dont le monitoring des connaissances et la formation des parties prenantes, le tout en lien avec une feuille de route émanant du Ministère en faveur d'une économie circulaire. (Cet accord sectoriel a été présenté publiquement fin 2017.)

L'Association Slow Cosmétique se tient à disposition des autorités belges pour prendre part à la transition entamée, même si elle l'estime trop lente et diffuse.

Avec ou sans intervention de l'État, nous restons convaincus que c'est le consommateur qui a la clé pour préserver réellement l'environnement. En choisissant des produits alternatifs dans sa salle de bain, on agit pour la biodiversité !

 

N'oubliez pas d'agir avec nous en rejoignant la page Facebook Slow Cosmétique, et profitez-en pour écrire un petit mot sur la page de la Ministre Marghem pour l'inviter à garder l'oeil alerte sur la question des plastiques dans les cosmétiques 😉

 

 

 

À propos de l’auteur

L'équipe de la Slow Cosmétique
Les membres de l'Association Slow Cosmétique se liguent pour faire la révolution dans votre salle de bain !

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