Coup de cœur de la Slow Cosmétique : l'appli Mireille

Parmi les applications de décryptage cosmétique, Mireille se distingue par sa complémentarité avec le label Slow Cosmétique. Explications.

Dans le paysage des applications cosmétiques, "CompoScan" était déjà considérée par le mouvement Slow Cosmétique comme la seule appli bienveillante envers le naturel. En effet elle ne pénalise pas les allergènes naturels dans son évaluation. A l'automne 2020, elle a changé de nom pour devenir l'appli Mireille et semble vouloir bouleverser les codes des applis de décryptage. Une orientation qui la rend encore plus complémentaire du label Slow Cosmétique.

Rencontre avec les deux fondatrices de cette application, Kahina et Gaby. Elles nous expliquent leur démarche et l'originalité de leur appli.

Pouvez-vous chacune expliquer votre parcours et comment vous en arrivez aujourd'hui à cette appli Mireille ?

Kahina : Je me suis défrisé les cheveux pendant longtemps. Je suis passée par des produits défrisants très agressifs, qui m’ont provoqué de violentes brûlures. Quand j’ai décidé de laisser mes cheveux naturels, je me suis dit que je voulais en savoir plus sur les produits que j’utilisais dessus. Et là, j’ai réalisé qu’il y avait plein de controverses sur les ingrédients cosmétiques. Ne trouvant pas d’information d’experts, j’ai décidé de faire appel à un biologiste, Raphaël, et c’est comme ça qu’est né CompoScan. Depuis fin septembre 2020, l’application s’appelle Mireille, pour célébrer l’arrivée de ma nouvelle associée : La petite Gaby (qui utilise souvent ce prénom dans ses story rigolotes).

Gaby : Suite à de nombreux défrisages et lissages brésiliens, mes cheveux ont commencé à se dégrader lourdement. Rien de ce que me préconisaient les professionnels de la coiffure ne fonctionnait. J’ai aussi le même parcours au niveau de ma peau : j’ai suivi les recommandations de soin de créatrices de contenus beauté. J'ai eu de gros problèmes de peau, et après consultation d’un dermatologue, il m’a vivement recommandé de suivre un traitement chimique lourd. J’ai décliné. C’était en 2013. Depuis, je me suis informée seule et j’ai appris à lire, décrypter, comprendre les cosmétiques et quelles actions ont certains ingrédients. Mon acné a disparu, et mes cheveux se sont mis à reboucler. Fin 2016 j’ai commencé à parler de tout cela sur ma chaîne Youtube "La Petite Gaby" pour informer et éduquer les personnes s'intéressant à ce sujet.

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Pourquoi créer ensemble l'appli Mireille pour le décryptage ? En quoi vos démarches se complètent-elles ?

Kahina : Ça faisait un moment que je voulais aller plus loin que l’analyse de l’impact sur la santé. Les gens me demandaient mon avis sur des produits ou des ingrédients quant à leur effet cosmétique. J’avais parfois du mal à répondre. Gaby, elle a cette réponse. Elle est passionnée de science alors ça ne pouvait que coller. Pour ne rien gâcher, elle partage toutes les valeurs et principes qui sont à l'origine de ce projet. 

Gaby : Dans mes formats Focus Marketing, où je parlais des compositions en oppositions aux promesses marketing, je citais beaucoup de faits scientifiques. Cependant n’ayant pas de formation scientifique, il était parfois délicat de faire comprendre ce discours pourtant fondé : les cosmétiques conventionnels étaient de plus en plus saupoudrés de greenwashing et il était très aisé de le constater même sans aucun bagage scientifique. Grâce à CompoScan, je pouvais illustrer mes propos, et mes arguments appuyés par un biologiste. 

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De CompoScan à Mireille : que souhaitez-vous accomplir avec cette évolution ? Quels sont vos objectifs ?

Kahina : Aider nos utilisatrices à devenir des actrices de leur consommation et guider les choix des marques, comprendre les ingrédients, ne plus en avoir peur. On souhaite pouvoir leur proposer des alternatives, et leur expliquer clairement et en toute transparence pourquoi ces produits sont meilleurs selon nous.

Gaby : Ce que j’ai toujours fait sur ma chaîne  YouTube : apporter une information fiable, claire et compréhensible de tous et surtout énormément de transparence pour le consommateur. Notre but n’est pas de noter le produit selon des critères aléatoires, mais bien de noter chaque ingrédient un par un, de parler de leur efficacité, bienfaits, ou méfaits, et aborder d’autres questions toutes aussi importantes comme l’impact environnemental, les packagings, la question des circuits court, du bio, des labels, et de simplifier tout ceci au consommateur. Nous militons pour une meilleure cosmétique et pour cela on s'entoure d’experts dans ce domaine.

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L'appli Mireille ne donne volontairement pas de note aux produits, pourquoi avoir fait ce choix ?

Kahina : Nous n’avons pas trouvé de système de notation globale que nous trouvions scientifiquement pertinent. Au delà de ça, je trouve que la note présente plusieurs problèmes. Pour moi, un 70/100, est-ce une bonne note même s’il y a un perturbateur endocrinien ? Peut-on comparer des produits ? J’ai vu sur les réseaux sociaux des personnes qui disaient “ce produit à 11/20, c’est une bonne note”. Si je mettais cette note à ce produit, c’est qu’il ne serait pas terrible, et je n’aimerais pas que des gens l’utilisent en se disant “il a plus de la moyenne, c’est bien”.

Gaby : On voit très bien le dérapage que les notes ont créé : les industriels aujourd’hui créent des formulations “app-friendly” pour se donner une bonne image. Des formulations qui sont malheureusement pauvres en actifs intéressants ou encore qui ne sont que des émulsions d’eau et d’alcool gras très peu chers à produire et qui certes n’ont pas de méfaits sur la peau, mais qui ne sont pas non plus à la hauteur du discours marketing parfois très axé sur l’écologie voir le greenwashing. Sans compter que les formules sont parfois utilisées par plusieurs marques différentes mais commercialisées à des prix bien différents. Pas sympa pour le consommateur. 

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Allez-vous intégrer à l'avenir d'autres critères d'évaluation que les ingrédients ? Pourquoi ?

Kahina : Plein ! à commencer par la question de l’impact environnemental d’un ingrédient, par sa production ou par son usage, mais aussi du packaging. On voudrait aussi ajouter des notations spéciales pour des personnes qui ont de l’acné par exemple. À chaque fois, on veut que ces informations soient affichées séparément de l’impact sur la santé. Et évidement que l’info vienne de spécialistes du domaine !

Gaby : Le tout sans prise de tête : il faut que cela soit simple à comprendre rapide et digeste. Personne n’a envie de faire des benchmarks de 20min devant le rayon gel douche pour savoir si ce produit fait du greenwashing ou pas.

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D'après vos échanges cette année avec vos fans et abonnés via les réseaux sociaux, percevez-vous un changement de leurs priorités pour le choix de leurs cosmétiques ?

Kahina : La question de l’environnement est très importante pour beaucoup de nos utilisatrices. Elles ont aussi envie de consommer plus local, plus éthique et cruelty free. La sensorialité et les jolis packaging sont aussi devenu très important : passer au green oui mais la cosmétique doit rester agréable !

Gaby : Face à l’urgence écologique, les consommateurs souhaitent de plus en plus faire attention à leur consommation. Dans mon cas, changer mes cosmétiques vers des produits plus respectueux de ma peau et de mes cheveux m’a permis d’aller plus loin : l'arrêt de la surconsommation de vêtements de fast-fashion, aller vers un régime alimentaire plus respectueux de mon corps, réduire mes déchets, consommer bio et local, et finalement montrer à une communauté entière que cela m’a apporté beaucoup plus de bienfaits sur le long terme que sur le court terme. Sans parler de l’impact plus que positif sur le portefeuille.

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L'appli Composcan s'est rapprochée dès son lancement du label Slow Cosmétique, en intégrant dans sa base de données les marques Slow Cosmétique, et se reconnaissant dans les critères de labellisation de l'Association. C'est une des rares applis qui ne pénalise pas un produit pour les allergènes naturels qu'il contient, et ça c'est tout bon pour les marques Slow Cosmétique 😉

Votre approche bienveillante envers la cosmétique naturelle est un parti pris rare dans le paysage des applis, pourquoi ce choix ?

Kahina : Parce que la science ! il n’y a pas de raison scientifique de sanctionner un produit contenant des allergènes issus des plantes. Les allergènes sont des ingrédients qui ne posent problème qu’aux gens allergiques, et on leur recommande de rester vigilants (dans Mireille, ils les trouveront en bleu histoire de les repérer plus facilement), mais pour le reste de la population : pas de soucis, comme la cacahuète ! La cosmétique naturelle ne peut pas être une mauvaise chose en terme de santé. On ne peut qu’encourager cette tendance. Mais en vérité, cette bienveillance est plus un effet de la rigueur scientifique qu’une volonté de départ. Bien que je sois ravie que cela permette à de petites marques green de montrer le bien fondé de leur démarche !

Gaby : Pour moi la cosmétique naturelle est l’avenir. Ce qui m’avait plu avec CompoScan c’est leur approche honnête des ingrédients. Pas de marketing de la peur avec des ingrédients issus des plantes dont on sait qu’ils ne sont pas dangereux pour la plupart des gens. D’ailleurs dans Mireille je donne des alternatives naturelles pour  remplacer des ingrédients jugés toxiques par Raphaël.

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Merci les filles ! Mireille est une application qui semble donc avoir du sens sur toute la ligne, et elle est complémentaire au label Slow Cosmétique !

 Retrouvez l’appli MIREILLE ici.

À propos de l’auteur

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