Laques, gels, cires... Comment se coiffer en mode Slow Cosmétique ?

En spray, en mousse ou en gel, nos lotions coiffantes cachent quelques secrets parfois douteux. On fait le point sur les produits courants et les alternatives Slow Cosmétique.

L'émission "La Quotidienne" sur France 5 fait le tour d'horizon des problématiques posées par les laques, et interview Constance Sycinski, coordinatrice générale de l'Association Slow Cosmétique pour les enjeux sanitaires.

Laques, gels, mousses, cires : comment ça marche ?

Quelle que soit la texture du produit coiffant qu'on utilise, ils ont tous la même fonction : modeler les cheveux à l’envie tout au long de la journée. Les produits coiffants conventionnels (en grande surface, parfumerie, etc.) sont presque tous formulés à base d'eau et/ou alcool dénaturé, de substances plastiques fixantes et de parfums synthétiques. En séchant, les agents fixateurs forment un film rigide autour de la fibre capillaire qui va maintenir la coiffure.

Doit-on se méfier des produits coiffants conventionnels ?

La Slow Cosmétique s'intéresse à deux aspects polémiques des cosmétiques : leur impact sur l'environnement et leur impact éventuel sur la santé au long terme.

Quel impact sur l'environnement ?

Comme dans la plupart des cosmétiques conventionnels, les ingrédients utilisés dans ce type de produits ne sont pas « nobles », au sens cosmétologique du terme, ils sont complètement synthétiques et désincarnés de la Nature.

Certaines de ces matières sont polluantes au moment de leur fabrication (certains composés seulement) et certaines ne sont pas du tout biodégradables. C'est le cas des silicones (tous les noms qui finissent en -one ou -ane, exemples : cyclomethicone, cyclopentasiloxane), des polymers et des vynils, que l'on retrouve à foison aussi dans les produits de maquillage et les cosmétiques à rincer (voir ici notre dossier sur les plastiques cachés dans les cosmétiques). Ces substances plastiques se retrouvent à termes dans les eaux usées – au moment du shampoing – et/ou dans l'air ambiant (laques et sprays). Or ces plastiques sont une source de pollution des eaux marines et de l'environnement de manière plus générale.

Aujourd'hui, les laques conventionnelles ne polluent plus la couche d'ozone. Les aérosols ne contiennent désormais plus de gaz propulseurs CFC (chlorofluocarbones), gaz à effet de serre responsables de la détérioration de la couche d'ozone. Cependant les atomiseurs nouvelle génération présentent toujours des risques pour l'environnement. Ils renferment des composés organiques volatils (COV), gaz (propane, butane) et solvants très inflammables, qui aggravent tout de même la pollution atmosphérique. Ces COV détériorent la qualité de l'air ambiant dans nos habitations et sont à coup sûr inhalés lors de l'application de ces laques sur les cheveux.

Quel impact sur notre santé ?

Dans le cas des sprays conventionnels, les formules contiennent une quantité impressionnante de composés aromatiques de synthèse contenus dans les parfums (linalol synthétique, coumarines synthétiques, benzyliques synthétiques...). Or ces composés très fins pénètrent nos poumons à chaque vaporisation alors qu'il sont en majorité synthétiques et souvent irritants pour les voies respiratoires, voire potentiellement allergisants.

Compte tenu de ces substances extrêmement volatiles, il vaut donc mieux déconseiller les laques conventionnelles en spray aux enfants, aux personnes allergiques et aux personnes aux yeux sensibles. Pour les autres, il est nécessaire de faire attention de ne pas respirer le jet et d'utiliser son produit dans un endroit bien aéré.

Concernant les produits coiffants qui s'appliquent avec les doigts – gels, mousses, cires – ils peuvent eux aussi présenter un caractère irritant, pour la peau, par la présence notamment d'alcool. Présent en très grande quantité (souvent le 2e ou 3e ingrédient de la liste), l'alcool assèche et agresse la peau et les cheveux, d'autant plus que l'alcool utilisé dans les cosmétiques l'est sous une forme dénaturée, c'est-à-dire qu'on y a ajouté des agents dénaturants, eux aussi irritants.

Du côté des conservateurs, on retrouve souvent le phénoxyéthanol, reconnu comme allergisant car il peut provoquer un eczéma de contact ou un urticaire. Il est également soupçonné d'être porteur de risques cancérigènes et d'avoir d'interagir avec le système hormonal (effet perturbateur endocrinien), comme d'ailleurs les parabens utilisés comme conservateurs et des phtalates qui servent d'agents fixateurs.

Les lotions coiffantes conventionnelles peuvent-elles abîmer les cheveux / le cuir chevelu ?

L'Association Slow Cosmétique pense que oui, mais au long terme seulement et en cas d'usage intensif. En effet, pris individuellement ces produits ne peuvent sérieusement abîmer le cuir chevelu. Il s'agit en effet de produits de styling dont le contact avec la peau est limité et dont l'élimination est facile. Sans compter que chaque produit répond strictement au cadre légal en terme d'irritabilité.

Cependant, dans les tests réglementaires, la santé du cheveu au long terme suite à une utilisation prolongée de ces cosmétiques, n'est pas étudiée. Les cheveux et le cuir chevelu sont comme la peau de notre visage et de notre corps : ils ont besoin de « respirer » ! Les matières plastiques contenues dans ces gels, laques, spray et mousses risquent à force de les « étouffer » et de créer des problèmes de pellicules ou de cheveux secs et cassants. Malheureusement, à ce jour, aucune étude n'existe sur le sujet.

Ces produits ne sont en aucun cas des soins pour les cheveux, même si certains ingrédients comme la kératine ou les protéines de soie sont mis en avant sur les packaging. En regardant la composition de près, on constate en effet que leur présence est toujours moindre que celle des composants problématiques, et qu'elle ne peut donc pas contrebalancer véritablement les effets néfastes. On peut logiquement penser que couvrir ses cheveux d'alcool dénaturé et de plastiques micronisés chaque jour les fragilise forcément. C’est d'ailleurs généralement écrit en tout petit sur la notice : les produits coiffants conventionnels ne sont pas faits pour être utilisés quotidiennement.

Existe-t-il des alternatives naturelles pour le coiffage ?

Oui et non. En Slow Cosmétique, pour ce type de produits, on gagne en noblesse de formulation et en impact écologique positif mais on perd un peu en efficacité et en confort.

  1. On peut oublier le look "laqué" et passer aux looks plus "tendance" et modernes à effet "mouillé" ou "retour de plage" avec les conseils d'un coiffeur expert fan de Slow Cosmétique comme Frédéric Birault de CUT BY FRED (qui coiffe Marion Cotillard notamment).
  2. On peut sinon se tourner vers des cires ou crèmes coiffantes à base de beurres végétaux et de cire d'abeille, qu'on devra chauffer dans ses mains pour sculpter sa coiffure aux doigts. Voir ici la sélection des cires coiffantes Slow Cosmétique.
  3. Le gel d'aloe vera pur est une option intéressante pour remplacer le gel coiffant classique. Il vous faudra utiliser une toute petite quantité d'un gel d'aloe vera de bonne qualité (voir ici la sélection Slow Cosmétique). En séchant, le gel va durcir et fixer la coiffure, tout en hydratant les cheveux.
  4. Il est également possible de réaliser son gel soi-même à partir de graines de lin. Le gel de lin va apporter texture et discipline aux cheveux. En faisant bouillir les graines de lin dans de l'eau de source, vous obtiendrez une matière visqueuse (mucilage) qui, une fois filtrée, pourra tout aussi bien être utilisée pour redessiner ses boucles comme pour lisser ses longueurs.
  5. En mélangeant des hydrolats avec du sucre et un soupçon de glycérine végétale, on obtient une eau fixante pour les cheveux (c'est le sucre dilué dans l'eau qui a des propriétés fixantes).

RECETTE pour environ 200 ml de produit :

Mélangez dans un flacon-spray bien propre :
• 10 ml de glycérine végétale
• 10 g de sucre très fin
• 10 ml d'alcool bio ou de vodka non aromatisée pour la conservation
• 180 ml d'eau minérale tiède
Agitez fortement à chaque utilisation.
Ce spray à base d'eau est fixant telle une brume mais n'est pas aussi léger qu'une laque. Il se conserve environ 2 mois.

Et pourquoi ne pas laisser sa crinière libre sans essayer de la dompter ? Vive la rebelle attitude, ça c'est Slow !

Sources :

Ormond G, Nieuwenhuijsen MJ, Nelson P, Toledano MB, Iszatt N, Geneletti S, Elliott P. : Endocrine disruptors in the workplace, hair spray,
folate supplementation, and risk of hypospadias: case-control study. Environ Health Perspect 2009; 117:303–307. (https://ehp.niehs.nih.gov/11933/)
https://www.quechoisir.org/comparatif-ingredients-indesirables-n941/
https://www.slow-cosmetique.org/vous-informer/comprendre-la-liste-inci/

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