Les applis cosmétiques vous aident-elles vraiment ?

Utilisez-vous une appli cosmétique pour décrypter vos produits ? Cela permet d’éviter certaines formules trompeuses. Mais cela suffit-il pour consommer mieux la beauté ?

Les applications cosmétiques ont envahi nos quotidiens. Yuka, INCI Beauty, Quel Cosmetic... Toutes nous promettent de nous simplifier la vie en évaluant les produits. Mais ces applications peuvent-elles suffire pour une consommation plus vertueuse ? Le mouvement Slow Cosmétique fait le point.

Applications de décryptage cosmétique : kézaco ?

La fameuse liste INCI présente sur tous les emballages de cosmétiques en effraie plus d’un. Les applis de décryptage se sont donc plus ou moins donné le même objectif : évaluer les formules cosmétiques, mais avec des différences.

Certaines fonctionnent avec une note chiffrée, d’autres avec de simples pictogrammes colorés. L’aspect environnemental est parfois intégré dans l’analyse, le plus souvent pas. Lisez notre article détaillé sur les applications cosmétiques ici pour savoir comment elles évaluent les produits ou voyez la rapide synthèse ci-après.

Quelle influence pour ces applications de décryptage cosmétique ?

L’impact des applications de décryptage cosmétique est énorme et a été très rapide. En à peine 4 ans, près d’un tiers des Français ont téléchargé une appli de ce type. Et parmi les utilisateurs de Yuka, 92% reposent les produits notés en rouge dans l’application (étude KIMSO pour Yuka, sept 2019) ! Idem chez les influenceuses, comme en témoigne Daphné Moreau, auteure du blog Modeandthecity.net, suivie par plus de 160 000 abonnés :

“Ce sont les applications Yuka et Inci Beauty qui m’ont mise sur le chemin d’une routine beauté plus clean.”

Et du côté des professionnels de la cosmétique, plusieurs ont déclaré ces derniers mois développer à présent leurs produits dans le but d’être “Yuka compatibles”. Quelques exemples :

“Nous sommes passés de 65% de références vertes sur Yuka à 80% en 1 an. Notre objectif est que tout soit vert sur Yuka en 2021.” Mathilde Thomas, fondatrice de Caudalie

“Yuka nous permet de faire évoluer les formules cosmétiques des produits à marques Auchan, afin que celles-ci soient composées des meilleurs ingrédients possibles pour nos consommateurs.” Louise Danel, responsable qualité Droguerie, Parfumerie, Hygiène chez Auchan

La Fédération des entreprises de beauté, en la personne d’Anne Dux, alors directrice des affaires scientifiques et réglementaires, reconnaissait elle-même dès 2018 que "l'attente du consommateur est légitime. Il a raison de vouloir savoir ce qui est dans le produit".

Mais les applications de décryptage cosmétique répondent-elles vraiment aux attentes des consommateurs ?

Les consommateurs veulent plus !

Depuis déjà 2019, on sait que le public veut plus de simplicité, de transparence et d’humanité chez les marques et que cette tendance deviendra la norme d’ici 2030 (rapport Mintel de nov 2019).

En 2020, cette tendance s’est brusquement renforcée avec la crise liée au virus Covid-19 et la fermeture prolongée de la majorité des commerces. Les Français ont alors été nombreux à prendre conscience que pour décider d’acheter ou non un produit, il est tout aussi important de savoir s’il est local et artisanal afin de soutenir un modèle plus solide et plus sensé. 27% des Français ont ainsi déclaré que leur conscience environnementale serait bien plus marquée dans leurs habitudes de consommation au sortir du confinement (Baromètre international Toluna et Harris Interactive du 6/04/2020). Un cap confirmé en juin 2020 par une étude IFOP pour le label Slow Cosmétique, attestant que 2 Françaises sur 3 accordent dorénavant de l’importance au fait que leurs cosmétiques soient écologiques et ancrés dans les terroirs.

Or les applications de décryptage ne répondent pas à ces attentes. Après 2020, une formule propre ne suffira plus aux consommateurs francophones en quête de plus de local, d’humain, de circuit-court, d’éthique, en un mot, de sens !

Certaines applications de consommation élargissent déjà le champ de leur analyse, comme Mireille (ex-Composcan) ou sur le plan éthique : My Label, BuyOrNot ou EthicAdvisor par exemple, mais pour ces dernières, la cosmétique n’étant pas leur spécialité, le nombre de références y est encore inexistant ou limité.

Alors comment être sûr qu’un produit et la marque qui le fabrique sont vraiment engagés sur toute la ligne, de façon globale ? Comment aller au-delà de la “clean beauty” ?

Le label Slow Cosmétique, pour vraiment consommer autrement

La Mention Slow Cosmétique est le seul label cosmétique qui s’intéresse autant aux formules qu’au modèle d’entreprise et à la communication d’une marque. Allégations, process de fabrication et structure du capital entrent ainsi dans l’évaluation, une combinaison inédite dans le monde de la beauté ! C’est l’Association Slow Cosmétique qui remet ce label depuis 2013 à des marques examinées dans leur globalité, avec plus de 60 critères induits par la Charte Slow Cosmétique.

En 2020, plus de 230 marques portent déjà le label Slow Cosmétique, dont 205 françaises. Pour être labellisée Slow Cosmétique, une marque doit être à la fois “clean” (formules propres et saines), mais aussi “intelligente” et “raisonnable”. Voyez l’ensemble des critères détaillés sur le site de l’Association Slow Cosmétique ici

Le label à la tortue se retrouve aujourd’hui dans tous les circuits de distribution : magasins bio, boutiques en ligne, pharmacies, concept stores et même certaines grandes surfaces… Fin 2019 d’ailleurs, 85% des Françaises considéraient déjà la Slow Cosmétique comme l’avenir de la beauté (sondage Harris Interactive, déc 2019), un signe encourageant de l’évolution du secteur et de l’éveil des consciences !

Pensez-vous aussi que la qualité d’un produit ne se mesure pas seulement à sa formule ? La Slow Cosmétique vous accompagne alors sur un chemin engagé plus global et plus humain 😉

À propos de l’auteur
L'équipe de la Slow Cosmétique
Les membres de l'Association Slow Cosmétique se liguent pour faire la révolution dans votre salle de bain !