Stop à tous les plastiques dans les cosmétiques !

L'Association Slow Cosmétique milite pour une interdiction totale des plastiques dans les cosmétiques. On vous explique pourquoi il y a encore du boulot...

Quand on pense au plastique en cosmétique, on voit les bâtonnets des Coton-tige ou les flacons et emballages en tout genre. Mais saviez-vous que le plastique est également présent dans vos cosmétiques ?

Le plastique qui se voit à l’œil nu dans un produit, comme les microbilles dont on vous a déjà parlé ici, a longtemps habité nos salles de bains. Voguant gaiement vers nos égouts et nos cours d'eau à chaque rinçage de notre dentifrice ou gommage préféré.  Aujourd'hui décriées, ces microbilles tendent à perdre du terrain. Ce que l'on sait moins, c'est que la majorité des produits cosmétiques conventionnels contiennent des substances dérivées du plastique. Des polymères et autres silicones pour ne citer qu'eux.

Pourquoi mettre du plastique dans un soin cosmétique ?

fond de teint plastique La majorité des fonds de teint conventionnels contiennent hélas des plastiques

Les qualités hautement malléables des plastiques ajoutées à leurs propriétés "glissantes" (quel bonheur d'étaler son lait corporel ou son fond de teint d'un geste fluide et rapide) font de ce type d'ingrédient le chouchou de 95 % des marques. On les trouve en grandes surfaces, parfumeries, et même pharmacies. Quel que soit le produit : savon, shampoing, dentifrice, démaquillant, lotion pour bébé, crème hydratante, fond de teint, déodorant, et même parfums, le plastique s'invite partout et vous vous en appliquez sans le savoir à longueur de journée et de vie.

=> On trouve surtout les plastiques liquides dans les après-shampoings et shampoings  et dans les fond de teint. Soyez vigilant(e)s et évitez les ingrédients en -one, -oxane et -polymer- surtout.

Conséquences ? Pour tous les produits rincés, des litres de microplastiques sont  ainsi déversés chaque jour vers les égouts. Elles échappent pour la plupart aux filtrations et contaminent les cours d'eau (faune et flore incluse) dans lesquels nous puisons l'eau de nos robinets, à son tour polluée de microplastiques (comptez en moyenne 3,8 fibres plastique par litre d’eau potable). Oui, vous avez bien lu, nous ingérons à notre tour le plastique que nous avons versé dans nos lavabos, sympathique retour à l'envoyeur, n'est-ce pas ?

Mais que font les gouvernements ? N'y a-t-il aucune loi contre tout ça ?

Depuis une décennie, des ONG de défense des océans comme Surfrider ou la Plastic Soup Foundation alertent l'opinion et les autorités sur les dangers des plastiques rejetés dans la nature. Le message semble porter en 2015 lorsque des états aux USA votent une interdiction des microbilles pour 2017. La France réagit à son tour en juillet 2016 avec la loi Biodiversité qui prévoit l’interdiction des microbilles de polyéthylène dans plusieurs produits d’hygiène et de beauté (gommages, shampoings) pour 2018. Les bâtonnets de type Coton-tige en plastique sont concernés aussi et disparaîtront normalement en 2020.

mer de plastique Très bientôt, il y aura plus de plastiques dans la mer que de poissons !

À son tour, l'Union Européenne pourrait bien légiférer sur ces microplastiques suite à la consultation de la Commission Européenne qui s'est clôturée récemment. Elle avait pour but de recueillir l’avis des parties prenantes et des citoyens sur les solutions à mettre en place pour réduire la présence de microplastiques dans l’environnement marin. On attend les résultats de la consultation, et on ignore encore quels seront les effets possibles dans les faits. Ce n'est pas gagné !

L'Association Slow Cosmétique encourage bien entendu toute législation qui contraindra les fabricants à éviter les microbilles mais ses bénévoles militent activement pour une interdiction totale de tous les microplastiques en cosmétique (même liquides).

Vous l'aurez compris : il ne faut pas tout attendre de nos autorités, qui font ce qu'elles peuvent au regard des autres urgences à gérer et surtout des lobby très forts présents dans le secteur cosmétique. La clé du changement est donc entre nos mains à nous, consomm'ateurs ! Rappelons-nous que chaque achat est un moyen de dire à la marque fabricante que l'on valide son produit.

Mais comment savoir quelle marque met du plastique dans ses cosmétiques ? Comment être sûr qu'une formule est "propre" ?

Repérez le plastique dans la composition de vos produits

Tout produit cosmétique doit obligatoirement afficher sa liste complète d'ingrédients (INCI), du plus présent dans la formule (le premier de la liste) au plus anecdotique (voyez les aides au décryptage slow ici au besoin).

Pour reconnaître les dérivés de plastique les plus fréquemment utilisés, alias les silicones et les polymères, traquez :

  • toutes les terminaisons en -one ou -oxane (dimethicone, cyclohexasiloxane, etc.)
  • certaines grosses lettres : PPG, PEG...
  • les poly- : polypropylène, crosspolymer,polypropylène, -polymer-
  • mais aussi : -cellulose et -vinyl...

Si un ou plusieurs de ces éléments est présent dans le produit, écartez-le sans regret ! Même s'il est conçu par une grande marque de parapharmacie ou qui se dit "naturelle". N'oubliez pas qu'un packaging épuré ou un slogan accrocheur ne garantissent en rien une formule propre. Le marketing est une arme redoutable que le mouvement Slow Cosmétique vous invite à regarder d'un œil critique pour démêler le vrai du faux.

Quid des tubes et flacons en plastique dans la salle de bains ?

Les emballages ne sont heureusement pas évacués dans nos lavabos mais jetés à la poubelle. Ce qui écarte une partie des problématiques sanitaires ci-dessus. Mais il est évident que la réduction de nos déchets est tout aussi capitale. Notre planète est déjà trop polluée par nos poubelles. L'Association Slow Cosmétique préconise ainsi aux fabricants d'écarter certains types de plastiques pour leurs emballages. Elle recommande de privilégier le PP (un plastique plus "écologique") ou les plastiques issus du végétal (encore rares). Mais aussi le verre ou l'alu qui restent réutilisables (même s'ils ne sont pas optimaux en termes écologiques non plus).

L'idéal étant le "zéro emballage", la Slow Cosmétique encourage également vivement les alternatives zéro déchet  (produits lavables, etc.).

À vous de jouer !
Choisissez les marques qui s'engagent dès maintenant avec des cosmétiques
sans plastiques et des emballages responsables 

À propos de l’auteur

L'équipe de la Slow Cosmétique
Les membres de l'Association Slow Cosmétique se liguent pour faire la révolution dans votre salle de bain !

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